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Dans son dernier ouvrage "Global Burn-out", Pascal CHABOT décrit le burn-out comme une pathologie de civilisation. Le burn-out n'est pas seulement un trouble individuel qui affecte certaines personnes mal adaptées au système, ou trop dévouées, ou ne sachant pas (ou ne pouvant pas) mettre des limites à leur investissement professionnel. Il est aussi un trouble miroir où se reflètent certaines valeurs excessives de notre société: son culte du plus, du trop, de la performance, de la maximisation, tout cela démultiplié par des technologies qui imposent souvent leur temporalité à l'Homme.

Le burn-out actuel peut être interprété comme une maladie de l'adaptation. Notre société demande en permanence à ses membres de s'adapter...pour s'adapter. D'où l'impression de perte de sens. La personne victime de burn-out est prise en étau entre des contraintes professionnelles de plus en plus grandes, et des exigences morales qui vont dans un sens contraire. Se crée alors un sentiment de double bind, d'injonction contradictoire.

Même s'il est bien sûr lié à des contextes précis et des réactions personnelles, le burn-out apparaît aussi lié aux questions du progrès, de la technologie et des envies qui parcourent notre ère d'expérimentation. Cela tient au fait que notre société privilégie le progrès utile au progrès subtil. Le progrès utile est quantifiable, le progrès subtil est plus fragile, renvoie à tous ces domaines de la vie humaine qui ne sont pas mesurables : l'éducation, la création, ...

Qu'est-ce que le burn-out, sinon une conséquence de ces régimes effrénés? Ses symptômes de fatigue, d'anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d'incompétence dressent le portrait de personnes qui ont trop donné, sans recevoir ce dont elles avaient besoin. Elles se sont souvent oubliées, sans toujours avoir le choix de faire autrement.

Le burn-out : les limites de "s'adapter pour s'adapter"