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Quand PDG et politiciens distillent les secrets de leur réussite à de jeunes diplômés ...
  1. · quitter sa zone de confort,
  2. · suivre son intuition,
  3. · relativiser l’échec
  4. · bien s’entourer,
  5. · préserver ses valeurs

1. Quitter sa zone de confort

« Le plus grand risque n'est pas d'échouer. Il est d'être trop à l'aise dans son job »,lance le PDG de Dropbox, Drew Houston, le 7 juin aux étudiants du MIT. « Méfiez-vous des chefs qui sont contents de vous. Ils vous détournent des défis plus ambitieux que vous avez à relever », renchérit Randi Zuckerberg, qui a quitté un poste confortable de directrice marketing chez Facebook - créé par son frère Mark Zuckerberg - pour se lancer elle aussi dans l'entrepreneuriat. Diplômée de Harvard, elle se souvient avoir passé des jours entiers à alimenter un fichier clientèle dans une agence de pub, au point d'être assimilée à la « femme classeur ». Elle donne tellement satisfaction à ses chefs que ceux-ci la découragent de viser plus haut. « Le bon travail est toujours reconnu. Mais il faut demander ce dont vous avez envie, avant que les autres vous laissent moisir dans le trou qui, à leurs yeux, comble vos désirs. »

Quitter sa zone de confort, c'est aussi accepter la contradiction et douter de ses convictions. « Essayez de ne jamais être la personne la plus intelligente de la pièce. Et, si c'est le cas, je vous encourage à inviter de nouvelles personnes ou à quitter la pièce »,déclarait récemment Michael Dell à l'université du Texas. La tentation du confort financier est tout aussi dangereuse : « Un choix de carrière basé sur l'argent plutôt que sur le plaisir est la meilleure recette pour être malheureux », prévient le patron de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, lors de sa visite à l'université de Princeton. « Les meilleurs PDG que j'ai rencontrés n'ont pas commencé leur carrière en se demandant comment gagner de l'argent. Ils ont cherché comment leur produit ou leur service pouvait changer les choses. L'argent est venu après »,renchérit Barack Obama.

2. Suivre son intuition

Quand Tim Cook quitte Compaq pour Apple, il suscite pratiquement autant d'incompréhension que de mépris. On est en 1998 : Compaq est alors la meilleure entreprise de PC au monde et Apple est au bord de la faillite. Voilà à peine sept mois qu'il dirige la branche des services aux entreprises. Le poste que lui offre Steve Jobs est beaucoup moins rémunérateur. Quand il pèse le pour et le contre, la colonne des « moins » est donc logiquement beaucoup plus longue que celle des « plus ». « Quelle que soit la manière dont je bâtissais mon tableau, il me disait de rester chez Compaq », raconte-t-il fin mai aux étudiants de l'université de Duke. Il lui suffit pourtant de cinq minutes d'entretien avec Steve Jobs pour décider de rejoindre Apple. Les quinze dernières années, qui lui ont permis d'accéder au sommet de l'entreprise la plus rentable au monde, lui ont donné raison. « Je suis un ingénieur amoureux de rationalité. Mais les plus grandes décisions se basent rarement sur ces critères-là. Le grand défaut des hommes est de ne pas écouter leur intuition », résume-t-il. Comme lui, beaucoup d'intervenants encouragent les étudiants à se détacher de leur plan de carrière :« N'ayez pas peur de laisser la pièce de théâtre se jouer jusqu'au bout », plaide Ben Bernanke. « L'incertitude est ce qui peut arriver de mieux dans une carrière professionnelle : qui a envie de connaître la fin de l'histoire, alors que le film ne fait que commencer ? »

3. Relativiser l'échec

Dans un pays qui a vu naître tant d'entrepreneurs, la valeur de l'échec apparaît dans pratiquement tous les discours. La métaphore sportive est courante : « Si votre maillot est propre, c'est que vous n'avez pas joué le match », lance Ben Bernanke. Le PDG de Dropbox, Drew Houston, rappelle les débuts quelque peu hasardeux de Bill Gates et Steve Jobs : « La première entreprise créée par Bill Gates produisait des logiciels pour faire marcher les feux rouges. Celle de Steve Jobs produisait des petits gadgets en plastique permettant de passer des coups de fil gratuits. Les deux ont échoué et ils n'en ont pas été traumatisés », racontait-il il y a une dizaine de jours. Le témoignage d'Oprah Winfrey, la star de la télévision américaine, a frappé d'autant plus qu'elle reconnaît être aujourd'hui en pleine situation d'échec. Après avoir animé pendant vingt ans le « show » le plus regardé d'Amérique, elle a décidé de tout plaquer pour créer sa propre chaîne. Le succès se fait toujours attendre. « Il n'y a rien de tel que l'échec. L'échec, c'est la vie qui essaie de nous orienter vers un autre chemin », a-t-elle lancé le 31 mai aux étudiants de Harvard.

4. Bien s’entourer

PDG d'Apple, Tim Cook, livre un portrait très personnel de ses collaborateurs préférés : « Je cherche des salariés qui ne sont pas politiques. Je cherche des gens qui se réjouissent du succès d'Apple, sans vouloir mettre leur nom en lumière, qui apprécient différents points de vue et aiment le travail en équipe. » Certains y voient la critique implicite de son prédécesseur, Steve Jobs, qui incarnait à lui seul le succès de l'entreprise. On comprend en tout cas mieux pourquoi Tim Cook a pris le risque immense de licencier Scott Forstall à l'automne dernier. Considéré comme un mini Steve Jobs, l'homme a largement contribué au succès de l'iPhone, mais avait la réputation de ne s'entendre avec personne. Ben Bernanke s'est lancé dans une analyse beaucoup plus triviale : « Il est souvent plus drôle de prendre une bière avec de bons pères de famille peu éduqués qu'avec des gens qui sont les symboles superficiels de la réussite. C'est tout ce que je sais en matière de sociologie… »

5. Préserver ses valeurs

« Attention : il y aura toujours plein de panneaux pour vous indiquer comment gagner de l'argent et monter dans votre carrière. Il y en aura très peu pour vous rappeler vos valeurs et vous forcer à prendre soin de vous », résume la fondatrice du « Huffington Post », Arianna Huffington, lors de son intervention au Smith College. La métaphore de Barack Obama est un peu plus macabre : « Quand je serai sur mon lit de mort, je ne penserai pas aux lois que j'ai fait voter. Je ne penserai pas aux discours prononcés, ni même à mon prix Nobel. Je penserai à cette balade que j'ai faite avec mes filles et à cet après-midi passé à flâner avec ma femme. Je me demanderai si j'ai bien fait les choses pour chacune d'entre elles. »

Les interventions de :

  • Bill Gates, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AlWJTG2nKCA
  • Steve Jobs, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UF8uR6Z6KLc
  • Arianna Huffington, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UJ25qEHgcM4
  • Ben Bernanke, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=oe45M3MkglM
  • Joe Biden, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=q5LaYKUJ_w8 et
  • Tim Cook, http://www.youtube.com/watch?list=PLwEToxwSycW1uqGG-iYZOERU0WBTKIAMt&v=0ymQPf3QAF4&feature=player_embedded

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